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PlanetGong : rock'n'roll et mauvaise foi. Rock'n'roll. Chroniques de disques du moment - ou d'avant... Vécu et entendu de concerts... Filmo rock et nanars du disque... Humeurs rock'n'roll et mauvaise foi.
PlanetGong se veut une alternative au zapping culturel rencontré dans les organes de presse dite "specialisée". Vous ne trouverez pas ici de critiques expediées en un paragraphe par manque de place. Analysons les choses en profondeur et discutons...
De ce site sont honnies les poses rock pueriles (genre : "Radiohead c'est pas ma tasse de biere"), les expressions emphatiques qui puent des pieds ("Motorhead ca depote a
mort"), les comparaisons pourries ("un riff atomique", "un jeu de guitare venu des trefonds de l'enfer") et l'aggressivite gratuite ("U2 c'est nul a chier"), meme
si c'est vrai.
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CONCERTS
Seasick Steve -
I Started Out With Nothing And I Still Got Most Of It Left
(Warner 2008)
Depuis quelque temps, le nom de Seasick Steve revient régulièrement dans la presse musicale spécialisée[1]. De sa vie, on a lu et entendu tout ce qu'il est possible d'imaginer sur un bluesman des années 1930 ; depuis sa vie de clochard (ou plutôt de hobo, le terme étant sans doute moins péjoratif) entrecoupée de petits boulots, de son mariage il y a vingt-sept ans et de ses cinquante-neuf déménagements depuis le début de sa vie de couple « that's me, being settled », « before, I never stuck around one place my whole life »[2]. De sa voix chaude et profonde, l'homme semble avoir des choses à dire ; et ceux qui veulent l'écouter sont les bienvenus.
Certains ont comparé le succès soudain de Seasick Steve à un effet de bonne conscience des critiques musicaux : il est sûr que le fait de rencontrer à notre époque un musicien itinérant qui joue des ballades désabusées sur sa guitare a fait fantasmer plus d'un amateur de Blues. Baste, laissons là ce chapitre, je dirais certaines choses... Concentrons-nous plutôt sur ce qui nous intéresse vraiment : la musique enregistrée par Seasick Steve. En effet, Au-delà de ce décorum de façade, il faut écouter ce disque pour l'extraordinaire qualité des morceaux qu'il contient.
Le premier élément marquant est sans conteste la voix de Seasick Steve : une voix basse, rocailleuse, qui peut se montrer âpre et tendue aussi bien que chaleureuse. Au fil de ce disque, sa voix s'impose comme une évidence (notamment sur les nombreux passages parlés), et rappelle souvent celles de Mark Lanegan et de Tom Waits. Refusant l'étiquette de bluesman - il préfère, le terme, moins restrictif, de storyteller, Seasick Steve fait preuve d'un talent certain dans les différents registres qu'il explore sur ce disque : « Walkin' Man », est une franche réussite. Dans cette ballade acoustique (qui confine à l'exercice de style), le guitariste/chanteur est tout simplement intouchable. Dans le style blues-rock (finalement assez proche des prodigieux Soledad Brothers), il se montre également à son avantage : « Thunderbird » est un morceau immédiat, qui devrait consoler un peu les admirateurs de l'ancien groupe de Johnny Walker.
Que ce soit sur « Happy Man », une chanson aux accents gospel, ou sur « Prospect Lane », qui tend vers la country, Seasick Steve est aussi pertinent : la guitare mène clairement le rythme sur tous les morceaux, sans fioritures et efficacement. La plupart des morceaux du disque sont très bons, « Just like a King », co-écrit avec Nick Cave (et joué avec l'ensemble de Grinderman) est excellent, et « Thunderbird » possède à coup sûr la meilleure intro de l'année : « If you want to sing a song about drinking wine, you should drink some wine...» Sorti de l'anonymat par un hasard inexpliqué, Seasick Steve est un artiste à suivre, et I Started out with nothing (...) un des disques essentiels de l'année.
Liste des chansons :
Pour écouter Seasick Steve : www.myspace.com/seasicksteve
[1] Bon, pour être honnête, il faut reconnaître que le nom de Seasick Steve ne revient pas si fréquemment que cela... En Grande-Bretagne, il a connu un succès important à l'été 2008, et des critiques diverses sont parues dans la presse anglaise (élogieuse pour Mojo, incendiaire pour le NME).
[2] Interview accordée pour l'émission du Guardian, « Music Weekly », du 3 octobre 2008.
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L'article du NME est en effet édifiant (en voici le lien pour ceux que ça intéresse : http://www.nme.com/reviews/seasick-steve/9926). C'est la prose maligne d'un journaliste prétentieux et réactionnaire qui refuse de voir son mode de vie superficiel (musique 80s/vie nocturne/cocaine) mis en cause par un bluesman de 50 balais. Affligeant.
L'auteur, James McMahon ne parle jamais de l'album, qu'il n'a manifestement pas écouté. Au passage, il a récemment mis 8/10 au deuxième Subways (dont on n'a pas parlé ici par ce qu'on l'a trouvé franchement dispensable) et s'était fendu l'an dernier d'un long papier laudateur sur les misérables Twang (des sous-Happy Mondays). Say no more...
Mais depuis que mon guitariste s'y est mis, je découvre certaines subtilités du bonhomme..
J'ai jamais aimé le NME, alors bon, on m'en voudra pas de ne pas lire cet article...
je viens de le trouver dans un bac à soldes, me souvenant de l'article je l'ai acheté. :)
Bon je l'ai écouté. Très bon. merci de l'incitation à l'achat