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PlanetGong : rock'n'roll et mauvaise foi. Rock'n'roll. Chroniques de disques du moment - ou d'avant... Vécu et entendu de concerts... Filmo rock et nanars du disque... Humeurs rock'n'roll et mauvaise foi.
PlanetGong se veut une alternative au zapping culturel rencontré dans les organes de presse dite "specialisée". Vous ne trouverez pas ici de critiques expediées en un paragraphe par manque de place. Analysons les choses en profondeur et discutons...
De ce site sont honnies les poses rock pueriles (genre : "Radiohead c'est pas ma tasse de biere"), les expressions emphatiques qui puent des pieds ("Motorhead ca depote a
mort"), les comparaisons pourries ("un riff atomique", "un jeu de guitare venu des trefonds de l'enfer") et l'aggressivite gratuite ("U2 c'est nul a chier"), meme
si c'est vrai.
PlanetGong milite pour le retour du vinyle, de la pipe, de la suze, du picon, des espadrilles, des rouflaquettes, du zan, pour l'introduction de Gong au Rock'n'roll Hall Of Fame et la
béatification de Captain Beefheart.
Le Gang des Canards :
Eric : webmonstre, redacteur en chef,
tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.
Rémi : rédacteur amiral, plombier polonais,
dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.
Béroalde de Fuzz : plume décomplexée, garagiste nanardais, exhumeur de syntagmes.
Denis : cinéphage suzophile, zimmologue briard, esthète de gondole.
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The Clean - Anthology
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CONCERTS
Dans les caveaux du Fuzz
Seconds couteaux et perles de série B
Les as du rock'n'roll, épisode 11
Johnny Horton : "Honky Tonk Hardwood Floor"
Johnny Horton avait une passion, une prenante et grande passion : la pêche à la ligne. Qui sait combien de temps il eût ainsi taquiné le goujon ? si après une jeunesse pérégrine, un instant improvisé chercheur d’or en Alaska, il n’avait contracté un passe-temps : le chant et la composition. D’où une carrière aussi brève que multiforme et accidentée.
Lauréat d’un concours de jeunes talents, il parie pour la vie d’artiste. Sous la houlette d’un manager pas forcément avisé, il interprète une country honorable. Sa vie de perpétuel chemineau, toujours balancé entre la Californie natale et sa terre texane d’élection, aura raison de son premier mariage. Devenu hôte régulier du Louisiana Hayride à partir de 1952, le Singing Fisherman, comme on le surnomme déjà, s’y fait un mentor de Hank Williams en personne. Peu après la mort tragique du chanteur déjà légendaire, il épouse la dernière femme de celui-ci. Toujours pas de succès significatif : le jeune couple, désillusionné, erre en quête d’idées et de dollars. Le coup de fouet espéré viendra d’un changement de label, mais surtout d’Elvis : avec l’épiphanie rockabilly des Sun Sessions, c’est toute une génération de chanteurs de country (rappelez-vous Glen Glenn) qui entreprend de se muscler le son.
Un éclat arrache alors Johnny à la dèche : le réjouissant « Honky Tonk Man » chez Columbia en 1956. Or, en dépit de quelques 45 tours tout aussi bons et d’une réputation grandissante grâce aux égards du Billboard, le chanteur peine à donner suite à ce succès, et se retrouve pour la deuxième fois aux abois. La gloire tant attendue tombe enfin du ciel, en 1959, après une nouvelle transformation, quand notre homme se lance dans l’univers épique des saga songs (ballades folkloriques) et écoule un million d’exemplaires de « The Battle Of New Orleans », hymne qu’il ne serait pas interdit aujourd’hui de trouver un peu kitsch. La fin est tragique : passionné de spiritisme, Johnny avait prophétisé sa propre mort et redoutait de périr de la main d’un ivrogne après un concert à Austin, qu’il honora en dépit de ses appréhensions, le 5 novembre 1960. C’est sur la route du retour que le brillant Johnny Horton, à trente et un ans, en pleine possession d’un talent encore riche de promesses, subit comme Hank Williams un accident fatal.
Johnny Horton nous intéresse car il illustre à merveille ce moment passionnant et capital où la country sous sa forme la plus rythmique, dépouillée et rugueuse, à savoir le honky tonk (musique country en orchestre réduit pour rades louches, Hank Williams toujours – artiste peut-être plus capital pour l’histoire de la musique américaine qu’Elvis et Dylan réunis –, ce moment où donc une certaine country mue, au contact d’autres influences blues, en ce rockabilly sudiste né chez Sun. À la jonction donc d’un honky tonk speedé mais chaleureux, et d’un Johnny Burnette en moins hystérique tel qu’en témoigne le trépidant « I’m Coming Home », Johnny Horton pouvait faire merveille, comme sur son meilleur titre, ce sautillant « Honky Tonk Hardwood Floor » (1958) qui impressionne par l’attaque serrée de basse électrique tenue par le génial pickeur de Nashville, Grady Martin. Cette voix excitante qui avait tout pour devenir fort grande mérite de sortir de la méconnaissance. Et que nul garageux béjaune ne se moque plus de ce superbe genre matriciel, à la fois tragique, tellurique et primesautier : la country.
Vidéos :
« Honky Tonk Hardwood Floor »
« I’m Coming Home »
« Honky Tonk Man »
A écouter:
Ici encore, Bear Records demeure incontournable et artisan de la redécouverte : « Rockin’ Rollin’ Johnny Horton », beau travail, rassasiera la légitime curiosité.
Voir le reste de la série :
--- DANS LES CAVEAUX DU FUZZ ---
Les héros oubliés du rock'n'roll
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"et que nul garageux béjaune ne se moque plus de ce superbe genre matriciel, à la fois tragique, tellurique et primesautier : la country"
Amen.