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PlanetGong : rock'n'roll et mauvaise foi. Rock'n'roll. Chroniques de disques du moment - ou d'avant... Vécu et entendu de concerts... Filmo rock et nanars du disque... Humeurs rock'n'roll et mauvaise foi.
PlanetGong se veut une alternative au zapping culturel rencontré dans les organes de presse dite "specialisée". Vous ne trouverez pas ici de critiques expediées en un paragraphe par manque de place. Analysons les choses en profondeur et discutons...
De ce site sont honnies les poses rock pueriles (genre : "Radiohead c'est pas ma tasse de biere"), les expressions emphatiques qui puent des pieds ("Motorhead ca depote a
mort"), les comparaisons pourries ("un riff atomique", "un jeu de guitare venu des trefonds de l'enfer") et l'aggressivite gratuite ("U2 c'est nul a chier"), meme
si c'est vrai.
PlanetGong milite pour le retour du vinyle, de la pipe, de la suze, du picon, des espadrilles, des rouflaquettes, du zan, pour l'introduction de Gong au Rock'n'roll Hall Of Fame et la
béatification de Captain Beefheart.
Le Gang des Canards :
Eric : webmonstre, redacteur en chef,
tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.
Rémi : rédacteur amiral, plombier polonais,
dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.
Béroalde de Fuzz : plume décomplexée, garagiste nanardais, exhumeur de syntagmes.
Denis : cinéphage suzophile, zimmologue briard, esthète de gondole.
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The Clean - Anthology
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CONCERTS
Dans les caveaux du Fuzz
Seconds couteaux et perles de série B
Les as du rock'n'roll, épisode 7
Stud Cole : "Burn Baby Burn"
Quoi? Qu'est-ce que c'est? L'alarme incendie?... Assaut de mammouth épileptique? Ce cri perçant, ce brame de défi, Ragnarok enfin, l'Armageddon? Et ce tonnerre de fuzz, ce break fracassant?
Non, c'est Patrick Tirone, ou plutôt Stud Cole, petit mec de Los Angeles, mèche arrogante, qui, à trop biberonner aux ondes FM rock'n'rollantes dans son enfance nouillorkaise, n'est jamais redescendu de son nuage. En pleine communion Summer of Love, au milieu des hippies à poil long et des lecteurs de Tolkien, il rêve pin-up, cadillacs roses, et se fantasme en crooneur malsain et solaire.
C'est peu de dire que le caverneux "Burn Baby Burn" induit le déhanchement: c'est un pur et simple appel au rut. Sur un rythme menaçant, à la fois lourd et ophidien, le chanteur surexcité avale le micro, prodigue halètements outranciers, trémolos lascifs, succions incommodantes. Matrones, planquez vos morveuses. Soutenues par un batteur en état second, les guitares jouent rock'n'roll mais sonnent acide. C'est Sun Records qui donnerait dans le groove sixties.
Réincarner Ricky Nelson un quart d'heure avant Woodstock: difficile de faire plus donquichottesque. Les cent exemplaires de son disque, envoyés à grand renfort de matériel promo aux radios, ont dû provoquer bien des ricanements et des perplexités chez les dj du coin. Suite prévisible de ce bide : l'homme disparaît sans laisser de traces.
Ce disque, exhumé en 2002 par les philanthropes fêlés de Norton, contient tout et n'importe quoi. Sur un son approximatif, poisseux, des fuzz froissées crépitent sur fond de piano bastringue, et au détour d’un couplet un solo de flûte surréaliste tombe du ciel. Du très raide (“Don't Do that"), voire de l'explosif (“Feels Good“), côtoie un bouquet de ballades où Stud Cole se vautre avec brio dans la réverb' et l'emphase (“Always“ & Always“, le bluesy “Oh... I Love You“, “Stop The Wedding“). Le truc “Burn Baby Burn“ est tellement bon qu'il ressert le riff et le phrasé deux fois.
1968: trop tôt, trop seul, trop illuminé. Comme tous les retardataires en avance sur leur époque, ce candide beau gosse avait compris que seuls les classiques restent modernes, là où les modernistes se démodent déjà. Peu après, retour d'Elvis, les reprises de Creedence (Dale Hawkins ou Little Richard), et American Graffiti... les Cramps! Stud Cole, rockabilly psychédélique possédé, leur a pavé la voie.
“Burn Baby Burn“
“Oh... I Love You“
“Always & Always“
A écouter:

Réédition Norton 2002, Stud Cole, Burn Baby Burn. Assez indispensable donc, pour les Crampsiens désireux de couper leur Hasil Adkins proverbial et leur inévitable Link Wray d'une saveur
nouvelle, et à qui une prod' mal léchée ne fait pas peur
Voir le reste de la série :
--- DANS LES CAVEAUX DU FUZZ ---
Les héros oubliés du rock'n'roll
--- RUBBLE ---
Le meilleur du rock psychédélique 60s dans un dossier complet.
--- CINEMA ---
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duh, me semble l'avoir eu dans les mains çui-là, et l'avoir reposé. ce fut une erreur, voire une faute
saisissant, mais résiste-t-il bien aux réécoutes ?
"Burn Baby Burn" ne s'use pas sur la durée, garanti. Le reste de l'album est stylistiquement si outré, qu'on le ressort pas toutes les semaines, d'accord. Mais je ne le classerais pas non plus parmi les simples curiosités d'esthète. Loin de se dégonfler une fois passé l'effet de surprise, il tient assez bien le coup, soutenu par la conviction hors norme de l'interprète... Enfin, je dis pas ça pour te déprimer!