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PlanetGong : rock'n'roll et mauvaise foi. Rock'n'roll. Chroniques de disques du moment - ou d'avant... Vécu et entendu de concerts... Filmo rock et nanars du disque... Humeurs rock'n'roll et mauvaise foi.
PlanetGong se veut une alternative au zapping culturel rencontré dans les organes de presse dite "specialisée". Vous ne trouverez pas ici de critiques expediées en un paragraphe par manque de place. Analysons les choses en profondeur et discutons...
De ce site sont honnies les poses rock pueriles (genre : "Radiohead c'est pas ma tasse de biere"), les expressions emphatiques qui puent des pieds ("Motorhead ca depote a
mort"), les comparaisons pourries ("un riff atomique", "un jeu de guitare venu des trefonds de l'enfer") et l'aggressivite gratuite ("U2 c'est nul a chier"), meme
si c'est vrai.
PlanetGong milite pour le retour du vinyle, de la pipe, de la suze, du picon, des espadrilles, des rouflaquettes, du zan, pour l'introduction de Gong au Rock'n'roll Hall Of Fame et la
béatification de Captain Beefheart.
Le Gang des Canards :
Eric : webmonstre, redacteur en chef,
tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.
Rémi : rédacteur amiral, plombier polonais,
dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.
Béroalde de Fuzz : plume décomplexée, garagiste nanardais, exhumeur de syntagmes.
Denis : cinéphage suzophile, zimmologue briard, esthète de gondole.
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The Clean - Anthology
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CONCERTS
Bo Diddley -
Bo Diddley
(Checker ; 1962)
A partir du changement de politique commerciale de son label (une mise en valeur des LP, alors que le format préférentiel jusqu’au début des années 1960 était celui du EP), Bo
Diddley a enchaîné les sorties d’albums à un rythme qui semble aujourd’hui insensé. Sur le label Checker (une filiale de Chess Records), Bo Diddley a publié une vingtaine de disques entre 1959 et
1974, dont douze (!) entre 1960 et 1966. A cette époque, il était rare qu’un artiste puisse envisager le fait de ne rien publier pendant plus d’un an. Autre facteur important pour expliquer cette
productivité délirante, l’ouverture croissante d’un public d’acheteurs blancs pour des disques de Rhythm’n’Blues et de Rock’n’Roll. Les maisons de disques spécialisées dans cette musique et les
artistes noirs au savoir-faire parfaitement rodé voyaient survenir l’opportunité d’un succès populaire inespéré... En effet, la scène d’artistes parfois regroupés sous le nom de Chicago Blues
était composée d’artistes affirmés, qui n’avaient rien de jeunes débutants (en 1960, Willie Dixon et Muddy Waters ont 45 ans et Howlin’ Wolf déjà 50 ans).
Dans le but de capitaliser sur cette conjoncture inédite, dont personne n’était en mesure de prévoir la durée, les maisons de disques établies (et Chess en premier lieu)
ont tout fait pour que leurs artistes multiplient leurs publications, quitte à piller allègrement dans le répertoire blues et en s’attribuant la composition des morceaux. Willie Dixon, homme à
tout faire du label Chess (compositeur, arrangeur, producteur, contrebassiste et interprète) a rapidement compris quels bénéfices il pourrait tirer de la situation. Cependant, bien au-delà de la
seule opération commerciale, cette productivité effrénée a permis à des artistes extraordinaires de publier leurs morceaux, d’être connus dans le monde entier et de devenir les idoles de dizaines
de blancs-becs britanniques qui allaient révolutionner la musique populaire quelques années plus tard. Il faut reconnaître que Bo Diddley a payé de sa personne comme aucun autre artiste pour
plaire au plus grand nombre, enregistrant des albums aux titres aussi improbables que Bo Diddley Is A Gunslinger, Bo Diddley’s A Twister et Surfin With Bo Diddley.
Comme la plupart des albums publiés par Bo Diddley, celui-ci est donc relativement ambivalent : sur quelques pistes, Bo Diddley et son groupe semblent évoluer en pilote
automatique. Heureusement, le talent est là, le savoir-faire aussi, le blues gros cul n’existe pas encore ; cependant, et même malgré un son irréprochable, il est patent que le groupe
est en sous-régime sur « Diddling » ou « Bo’s Bounce ». En revanche, lorsque les compositions sont un peu plus inspirées (c’est le cas sur la majeure partie de cet album), le
résultat est éclatant. Bo Diddley rappelle à plus d’une reprise quel immense chanteur de rock’n’roll il est, variant cri et chant, et ajoutant çà et là quelques commentaires parlés du meilleur
effet « you got your radio turn too low… Turn it up ! » sur l’intouchable « You can’t judge a book by the cover » et son refrain immortel où Diddley chante
« I look like a farmer but I’m a lover. »
A l’image du personnage scénique qu’il s’était créé et de sa voix profonde, le jeu de guitare de Bo Diddley est caractéristique et particulièrement réjouissant sur des pistes
comme « Give Me A Break » ou « You can’t judge a book by the cover ». Comme souvent, le jeu de maracas de Jerome Green est un bon indicateur de l’intérêt de la chanson :
contribuant au jungle beat de façon décisive, Green ajoute au jeu de Clifton James et de Frank Kirkland (en charge de la basse et de la batterie) une plus-value essentielle (« Hey Krushev
» ).
Entre tous les disques que Bo Diddley a publiés, celui-ci présente une remarquable unité qualitative : l’impression de facilité est délirante, et le son est d’une chaleur
et d’une profondeur incroyables. « Please Mr. Engineer » voir le groupe se lancer dans des effets sonores géniaux : sur une rythmique implacable et faisant écho à l’histoire
racontée par Bo Diddley, les guitares plaquent des suites d’accords distendus. Le groupe n’oublie pas de s’amuser ; les pistes « Babes in the woods », « You All Green »
et « Mama don’t allow no twistin’ in her house » sont là pour le prouver. « I can tell » est simplement parfait, un véritable classique où chaque élément de la chanson est une
splendeur : la ligne de basse ondoyante maintient le morceau, sur lequel le chant de Bo Diddley est aussi puissant que les paroles sont péremptoires « I can tell because it’s plain
to see / I can tell, the way you look at me / I can tell you don’t love me no more ».
Cet album qui connut un succès retentissant en Angleterre (# 11 des charts) peut servir de symbole à l’influence du rhythm’n’blues sur les jeunes groupes anglais : c’est
en imitant cette musique que tous les groupes anglais des années 1960 ont commencé à enregistrer. A l’écoute de ce disque, près de cinquante ans plus tard, on comprend qu’il ait suffi à initier
cette révolution.
Liste des chansons :
Vidéos :
"I Can Tell"
"You can't judge a book by the cover"
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